18 février 2006
L'appel à la commémoration du programme du Conseil National de la résistance
Des résistants se mobilisent pour que ne se perdent pas les acquis de la résistance qui, au lendemain de la guerre, ont été mis en oeuvre en France: voir la vidéo
Le texte du programme du conseil national de la résistance adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944, appliqué à la libération, et qui représente la majeure partie des acquis sociaux de la seconde partie du 20 ème siècle, que les libéraux veulent détruire aujourd'hui (Sécurité Sociale, Démocratie, nationalisations, droit sur la presse,...)
LE CONTENU DU PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE
Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la Résistance n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.
Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.
Aussi les représentants des organisations de la Résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R., délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.
I - PLAN D’ACTION IMMÉDIATE
Les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.
Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.
Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.
Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en oeuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la résistance ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur résistance armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.
Ils constatent, en outre, que la Résistance Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.
Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.
En conséquence, les représentants des organisations de résistance, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.
Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.
Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.
Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :
D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.
Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.
Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.
Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.
Ces comités devront :
1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la résistance ;
2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;
3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;
4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;
5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendre à la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;
6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers, des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;
7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;
8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.
Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :
a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;
b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.
Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :
1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;
2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;
3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;
4) Coordonner l’action militaire avec l’action de résistance de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.
Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.
Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.
Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande œuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.
II - MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE
Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :
1) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;
2) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;
3) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’axe et par leurs ressortissants, dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;
4) Afin d’assurer :
- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
- la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
- le respect de la personne humaine ;
- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :
a) Sur le plan économique :
- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;
- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
- le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.
b) Sur le plan social :
- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
- la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;
- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
- le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.
c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.
d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.
Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.
L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.
En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président le général De Gaulle !
En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE !
LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE
17 février 2006
ALIGRE FM en danger
ALIGRE FM en danger
Samedi 18 février 22h30 à l'aube
Après 25 ans d'existence nous sommes menacés d'interruption d'antenne !
Voir communiqué
Aligre FM propose le samedi 18 février
une émission spéciale
sur les radios libres et la liberté d'expression.
Tous à l'écoute samedi soir sur l'antenne d'Aligre FM 93.1
à partir de 22h30 jusqu'au bout de la nuit.
Soutenez nous en direct au 01.40.24.29.29
Envoyez vos mails de soutien à aligre@aligrefm.org
Bolkestein
Le Parti socialiste européen a signé le texte de la directive, modifiée:
La directive néolibérale Bolkestein remplacée par une proposition équilibrée
Commentaire de PN Rasmussen, président du PSE, 16 février 2006
Une directive équilibrée créera de nouveaux emplois et garantira les droits des travailleurs et les services essentiels.
A propos du vote sur la directive services au Parlement européen, le président du Parti socialiste européen Poul Nyrup Rasmussen a déclaré:
"La directive néolibérale Bolkestein a été rejetée et remplacée par une proposition beaucoup plus raisonnable. Le Parlement a voté en faveur d'une directive équilibrée qui doit créer beaucoup plus d'emplois dans l'industrie des services tout en offrant des garde-fous pour les travailleurs et les services publics. C'est un bon jour pour l'économie européenne et pour le Parlement de l'UE."
Au cours du débat au Parlement européen sur cette directive très controversée mardi dernier, Poul Nyrup Rasmussen a lancé un appel au Parlement européen afin que l'assemblée européenne donne son aval au texte amendé. Il a déclaré devant le Parlement: "En tant que président du Parti socialiste européen, je peux vous recommander l'adoption du compromis que nous avons devant les yeux."
Pour plus d'informations, contactez Julian Scola, responsable presse du PSE, au +32 486 117 394, julian.scola@pes.org
Par contre, il semblerait que certains députés européen socialistes français aient voté contre, tel Henri Weber, dont voici la réaction:
Directive Bolkestein : Poursuivre la mobilisation
Lors du vote sur la directive Services, le 16 février à Strasbourg, nous n´avons pu obtenir de rejet pur et simple du texte.
(Vote Rejet : pour 153, contre 486
J'ai soutenu tous les amendements qui tentaient d'améliorer cette directive, comme la possibilité offerte à l'Etat destinataire de la prestation de service d'imposer des exigences liées à l'ordre public, au droit du travail ou à la protection de la santé et de l'environnement.
Les socialistes français avaient conditionné leur vote final à trois exigences:
- que le droit applicable aux salariés soit celui du pays d'exécution de la prestation de service, sans possibilité de détournement de la loi pour les travailleurs indépendants.
- que les services publics, c'est-à-dire l'ensemble des services d'intérêt économique général, en particulier les services sociaux et de santé, soient exclus du champ d'application de la directive
- que l'on exclut clairement l'application du principe du pays d'origine
N'ayant pas obtenu de vote positif sur ces trois conditions, posées pour respecter les engagements pris devant nos électeurs, nous ne pouvions accepter ce texte.
La mobilisation citoyenne doit se poursuivre, comme le combat des forces de Gauche.
Très bonne interventionde Bernard Maris dans le débat économique, sur France Inter, avec Jean Marc Sylvestre de ce matin.
Henri Weber
Encore une réaction, celle de Jacky Hénin du PC:
Directive Bolkestein : Le vote de la honte
A partir d’un compromis entre le PPE[1] et le PSE[2], le Parlement européen vient d’adopter, en première lecture de la directive dite Bolkestein, sur le marché intérieur des services.
Le sens de cette directive se résume en deux chiffres : Aujourd'hui en Europe, les services représentent près de 70% de la valeur ajoutée et des emplois, mais ils ne pèsent que 20% dans les échanges intra européens.
Faute de pouvoir délocaliser la majorité des entreprises de service, on délocalise les salaires de misère, et pour cela, on a inventé cette directive Bolkestein. Le but de ce texte : casser les salaires, tirer vers le bas les protections sociales, limiter les droits des consommateurs, démanteler les services publics.
Ce n’est même plus de l'ultralibéralisme, c'est du total libéralisme.
Sous la pression de la colère sociale de tous les peuples d’Europe, le PPE et le PSE, ont élaboré un compromis qui « officiellement » supprime du texte le principe du pays d’origine[3], et restreint le champ d’application de la directive.
Mais le compromis entre le PPE et le PSE, loin de régler le problème du principe du pays d'origine, loin de préserver les services publics de la loi impitoyable du marché, ne fait que placer la Commission et la Cour de justice européenne en position d'arbitre suprême.
Vu l'orientation ultralibérale de la Commission et de la Cour de justice, cela revient à confier la garde d'un poulailler à des renards.
La santé, la politique sociale, la protection des consommateurs, les services publics sont exclus du champ d’application du compromis PPE-PSE.
Ainsi la directive Bolkestein, avec ou sans compromis, signe l'arrêt de mort en Europe des services publics et de la protection des salariés et des consommateurs.
Les peuples d’Europe n’ont pas besoin d’une directive qui mette en concurrence les choix de politique sociale et fiscale qu’ils ont faits démocratiquement. Par contre, ils ont besoin d’urgence d’une harmonisation sociale et fiscale vers le haut. Il y va de l’avenir de l’unité de l’Union européenne.
Le groupe GUE/NGL, dont font partie les députés communistes français, a voté pour le rejet catégorique de cette directive, il a soutenu tous les amendements susceptibles de la purger de son poison ultra-libéral.
Maintenant la directive va être présentée au Conseil de l’Union européenne. Il reviendra donc à Chirac et à son gouvernement de tenir l’engagement qu’il a pris à la télévision, devant des millions de français. C’est pourquoi, nous devons, tous ensemble continuer la mobilisation populaire pour que la directive Bolkestein soit enfin mise en échec soit au niveau du Conseil, soit en deuxième lecture au Parlement.
Jacky Hénin
Député au Parlement européen, maire de Calais
[1] Groupe parlementaire du Parti populaire européen, qui fédère les députes des partis de droite dont l’UPM
[2] Les députés socialistes français se sont désolidarisés de ce compromis.
[3] Les salaires, les conditions de travail, les garanties envers le consommateur dépendent du pays d’origine du prestataire et non du pays où le service est effectué.
Encore une réaction, celle de Koffi Ghyamphy, du MRC (tiens, ils sont à gauche?):
Je considère que le combat de la gauche doit continuer pour obtenir le retrait de la directive sur les services baptisée "Bolkestein". Lors du prochain Conseil européen au mois de juin 2006, Jacques Chirac devra prendre l'initiative de signifier à ses homologues le refus de la France de voir appliquer la dite directive ! C'est pourquoi je vous propose de faire parvenir au Président de la République, Jacques Chirac, la lettre ci-dessous.
Pas de salut pour la Gauche sans des politiques à Gauche et le Peuple de Gauche !
Koffi Ghyamphy
Lettre à adresser à Monsieur Jacques Chirac (ne pas affranchir)
Monsieur le Président de la République,
Le Projet de directive Bolkestein a été soumis au vote du Parlement européen en séance plénière début février 2006. Ce projet, même amendé, aggrave l'orientation libérale des politiques européennes. Il vise à réaliser l’extension du marché unique des services en supprimant tous les obstacles à la liberté d'établissement et de circulation des services. Il écarte toute harmonisation par le haut et propose le démantèlement des acquis sociaux par l'intensification de la concurrence entre les travailleurs des différents Etats. Il encourage les délocalisations, le dumping fiscal, menace les services publics, les règles de santé publique, les normes environnementales et la protection des consommateurs.
S’il était appliqué les conséquences seraient très graves.
Vous avez solennellement critiqué ce projet le 26 avril 2005, et vous vous êtes réjoui, quelques semaines avant le vote sur le traité constitutionnel, que la directive Bolkestein n'existe plus. Or voici qu’elle a été adoptée.
Partout en Europe, des forces syndicales, associatives, politiques combattent ce projet. Son adoption requiert l'accord du Parlement européen et du Conseil des ministres européen. Un non de votre part serait déterminant pour empêcher son adoption.
Je vous demande Monsieur le Président de la République de nous faire savoir si vous êtes d’accord pour que la France rejette la directive Bolkestein lors du prochain Conseil européen du mois de juin 2006
Nom...................................Prénom:..................................................
Adresse:.............................................................................
Date …………………………………………………Signature…………………………………………
13 février 2006
ALIGRE EN DANGER !
Petit mot de Pascale Fourier, animatrice de l'excellente émission "Des sous et des Hommes", sur Radio Aligre, dont j'ai déjà parlé là
Chers tous,
Je m'étais une seule fois permis de vous informer des difficultés financières d'AligreFM, radio associative qui diffuse notamment l'émission que j'anime Des Sous... et des Hommes.
Hier, j'ai appris que Télédiffusion de France (TDF) menaçait de couper l'antenne à Aligre si nous ne réglions pas notre dette de 11000 euros. Vous trouverez l'énoncé clair du problème dans le doc-joint.
Les problèmes financiers d'Aligre sont récurrents : nous ne diffusons pas de publicité, bénéficions du Fonds de soutien à l'expression radiophonique (FSER) et d'un soutien du FAS, d'un partenariat avec le Consulat d'Italie grâce à nos émissions italiennes. A cela s'ajoute les cotisations des animateurs. Point. De l'autre côté, nous avons un loyer à payer (qui a augmenté), le coût de diffusion par TDF (qui a augmenté), les droits payés à la SACEM, les salaires des techniciens...
Nous avons demandé des subventions à la Mairie de Paris et au Conseil Régional d'Ile de France... Nos demandes sont restées sans suite alors même que, ailleurs en France, de nombreuses autres radios sont soutenues par leur ville ou région.
Je n'ai pas à vous faire un long dessin pour vous prouver qu'Aligre est une vraie radio libre, libre au sens fort: qu'elle ait permis l'existence de Des Sous sur ses ondes en est la preuve manifeste...Qu'elle puisse continuer à émettre est primordial.
Aussi, je me permets de vous demander d'envoyer trois messages:
- l'un à Jean-Paul Huchon, président du Conseil Régional d'Ile de France: l'adresse jean-paul.huchon@iledefrance.fr semble être valable puisque mon message ne m'est pas revenu...
-un autre à Bertrand Delanoë. Il faut aller sur ce lien:
Inutile de faire long si vous n'avez pas le temps: au pire, écrivez juste "Qu'allez-vous faire pour qu'AligreFm ne meure pas le 28 Février?". Mais vous pouvez faire plus long ( et courtois...)
-le dernier à Aligre où nous collectons des messages de soutien: aligrefm@aligrefm.org
Vous pouvez aussi par ailleurs renvoyer à ce lien http://dsedh.free.fr/Communique.pdf sur des forums, alerter tous ceux dont le soutien vous semblera utile....
Merci de votre aide!!
Pascale Fourier, animatrice de Des Sous... et des Hommes sur la belle radio Aligre www.aligrefm.org
